
Les deux corps repêchés après le naufrage mardi soir, près des côtes de Hamshako à Anjouan du Kwassa, qui devait transporter 36 comoriens vers Mayotte.
36 personnes, des hommes et des femmes qui ont péri avec leurs familles ou qui ont laissé les leurs à terre dans l'espoir de pouvoir un jour leur envoyer de quoi survire en terre comorienne.
Coïncidence. A Mayotte, les agents de la Police de l'Air et des Frontières (Paf), accusés par des rescapés d'avoir volontairement percuté leur kwassa lors du naufrage du 3 décembre 2007 ont été blanchis par la Justice. Comme l'on s'y attendait.
En ce jour du 3 décembre 2007, deux personnes dont un enfant meurent et trois autres personnes n'ont jamais été retrouvées.
Les témoignages recueillis auprès des passagers, répétaient à l'envie la même version : les policiers qui conduisaient le bateau de surveillance des côtes naviguait toutes lumières éteintes et ont volontairement percuté le bateau de pêche.
Contrairement à la version des policiers, le bateau navigant tous feux éteints, accélère brutalement à l'approche et percute le Kwassa qui chavire.
La Commission (française) nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), qui publie un rapport en avril 2008, révélait sans ambiguïté les circonstances du drame.
« La nuit, sans lune, du 3 au 4 décembre 2007, .... vedette Koungue en dérive, feux éteints, radar éteint, en maintenant la veille thermique ».
Donnant son avis qui sonnait comme un avertissement, la Cnds exigeait que soit ''impérativement mis fin, conformément à la réglementation en vigueur, à la pratique de la navigation en dérives feux éteints lors des opérations de recherche en mer des clandestins''. La CNDS concluait que ces ''méthodes, qui aboutissent à la mise en danger d'êtres humains (...) dans les conditions susceptibles de caractériser le délit d'homicide involontaire''.
Depuis, les rescapés, seront transférés au Centre de rétention administrative, en isolement complet.
La suite on la connaît. La Cour européenne des droits de l'Homme, saisit le gouvernement français pour que Mayotte relâche les victimes.
Aujourd'hui encore, 36 personnes périssent en mer.
La justice de Mayotte nargue le monde et blanchit la Paf, qui peut désormais continuer à couler les Kwassa en toute impunité.
Pendant ce temps, notre Gouvernement, notre Groupe de Travail de Haut Niveau, continuent à trinquer sous la tour Eiffel pour discuter des conditions d'obtention de visa vers Mayotte.
La Paf, ce n'est pas seulement la justice mahoraise qui l'a blanchie, c'est aussi mon pays qui sacrifie les siens.
Qui se fait complice d'un génocide tranquille.
Fensso
Source : fensso.blog.fr
Publié par Wongo le 22 décembre 2011











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