Nous vous proposons un témoignage très émouvant de Sylvie sur les mauvais traitements dont sont victimes certains comoriens de Mayotte dans un silence complice des autorités comoriennes. Ce témoignage est extrait d'un rapport de l'Assfam, Forum réfugiés, France terre d'asile, La Cimade et l'Ordre de Malte sur les centres et locaux de rétention administrative (CRA et LRA).
L'intégralité du rapport est à lire ici : RAPPORT : Mayotte (pages 120-124)
OUVRIR LES YEUX SUR MAYOTTE LEVER UN VOILE DE CE NOUVEAU DEPARTEMENT
Au CRA ce matin, ils étaient encore 140 tassés dans une chaleur tellement étouffante que certains font des malaises. La personne en charge de l'éloignement m'a ouvertement reproché de faire trop de demandes de surseoir, ce qui complique le chargement des bateaux. No comment.
Au CRA demain quand ils auront fait l'appel pour les départs, ils feront vite de nouvelles «intégrations» pour que ce lieu immonde ne désemplisse surtout pas. Au CRA, des gamins nés ici rêvent de rester avec leurs pères ou leurs grands-parents pour continuer d'aller à l'école plutôt que de suivre leur mère vers Anjouan.
Mayotte, son CRA...faut le voir pour le croire...
Mayotte, en cours de départementalisation....
376 km² 190 000 habitants dont probablement 1/3 de sans-papiers !
2005 : 7 655 reconduites
2008 : 16 000 reconduites
2010 : 26 400 reconduites... belle progression ! Record battu... Record à battre ?
Preuve flagrante de l'échec de cette politique couteuse.
32 % de plus qu'en 2009 (19 972) ce qui pourrait faire.... en 2011 ...NON !
On reconduit environ 13 % de la population ce qui ferait pour l'hexagone plus de 8 MILLIONS de personnes, qui d'ailleurs ne sont pas vraiment « étrangères » mais plutôt clandestines vivant dans la peur permanente d'une interpellation sans appel, d'une reconduite éclair à travers une frontière invisible vers une ile souvent inconnue.
Une des raisons pour lesquelles 40% des reconduits tentent un retour en « kwassa » puisque l'obtention d'un visa relève du défi total. Ce qui implique une prise de risque énorme et un coût démesuré pour cette traversée de 70km : environ 7000 morts en mer depuis 1995 et le visa Balladur et un « passage » en kwassa qui coûte entre 200 à 700 euros. Qui s'enrichit ? Qui meurt ? Qui peut voir la fin de ce gâchis ?
Toujours pour les chiffres, en 2010, 6 400 mineurs reconduits vers Anjouan, une île où ils ne sont pas nés, n'ont jamais vécu et où personne ne les attend ! Vies brisées ! Chiffre double de celui de 2009 ! 2009 où en métropole 319 enfants étaient placés en rétention ! 6 400 mineurs, des enfants scolarisés dans les écoles de la République, des enfants non-expulsables, des enfants qui ont peur et se sentent humiliés et coupables sans raison aucune, des enfants qui sentent l'énorme souffrance de leurs parents sans papiers, des enfants impuissants qui devraient être intouchables, des enfants plein les camions de la police ou de la gendarmerie qui attendent des heures en pleine chaleur, arrachés à leur petite vie d'enfants de Mayotte. Des enfants qui voient leurs parents menottés comme des criminels. Des enfants parfois rattachés à des adultes qu'ils ne connaissent pas. Quid de la loi ? Des petits, des tout petits, des presque grands... HONTE TOTALE. Au centre de rétention administrative (CRA) ils attendent sans comprendre, couchés contre leurs mères, à même le sol dans des conditions inhumaines et dégradantes.
5000 mineurs isolés dans l'île contre 8000 mineurs isolés en métropole ! Démesure de cette île confetti.
Ni les référés liberté gagnés, ni les nombreuses saisines, ni les rapports de la HALDE, de la CNDS, de la Défenseure des enfants, de Mme Isabelle Debré sénatrice chargée du rapport sur les mineurs isolés étrangers, n'ont ébranlé l'implacable machine à expulser ces sans droit. Qui paiera les conséquences de ces souffrances infligées au nom de la politique du chiffre ? Quand verrons-nous exploser cette bombe à retardement dont on se fait les gorges chaudes depuis déjà un bout de temps ? N'aurions-nous pas pu l'éviter ? Ne pourrions-nous pas freiner l'absurde ? N'en avons-nous pas le devoir ?
Témoins de ce mépris des lois, de ces exactions devenues banales, nous avons bien du mal à garder confiance en la République, nous nous devons de faire appel à la conscience et au respect des droits fondamentaux, nous nous indignons devant ces faits au présent, envers de la médaille du 101°'“ département!
Où va la France des droits de l'Homme, la France terre d'asile?
Aidez-nous ! Alerte rouge ici !
Sylvie de Petite Terre (Mayotte)
Source : RAPPORT
Publié par Wongo le 15 décembre 2011











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