
Mais combien? Les Mitsamihuliens qui le connaissent parient sur les 120 ans. Mais continuons dans les preuves. “Quand j'avais douze ans, se souvient Mtsashiwa, j'étais atteint de la rougeole (belembe) et j'étais avec la grande s½ur de Saïd Mohamed Cheikh, Moinahadidja Cheikh et nous étions transférés dans le village de fassi“. Mtsashiwa se souvient que l'on brulait jusqu'aux cases des personnes atteintes par cette maladie hautement contagieuse et que “le traitement était à base de noix de coco et d'aleovera (konyode)“.
Aboudou Mtsashiwa a consacré sa vie à la pêche et dit avoir vécu toute sa vie dans la ville balnéaire du nord. “C'est après mon hadj que j'ai cessé de travailler“, a-t-il confié. Actuellement, il passe l'essentiel de son temps entre la mosquée et la mythique place publique dite du “Mveridjuwu” de la ville. Ali Saïd instituteur de Mitsamihuli s'étonne qu'à son âge, l'homme “conserve encore intact ses sens et participe en toute conscience aux palabres“. Aboudou Mtsashiwa se rappelle du temps où la marée montait jusqu'à l'actuelle place publique et la poste, et soutient qu'elle aurait reculé au fil des années.
Pour l'instant son principal souci c'est d'avoir perdu ses dents ; même s'il trouve cela parfaitement normal : “Quand on est vieux, dit-t-il à ce propos, toutes les parties de votre corps vous font mal“. Aboudou Mtsashiwa n'a pas eu d'enfants et vit avec sa fille adoptive Fatima Aboudou. Il est connu pour sa méfiance de l'hôpital et des médicaments “moderne”. Le docteur Djabir Ibrahim explique cette vie exceptionnellement longue par l'alimentation à base de poisson et les vertus antimicrobiennes de la mer. “Une hygiène de vie saine, une bonne alimentation plus l'exercice physique sont reconnues comme le facteur commun aux hommes à expérience de vie élevée“.
Mais Le secret de la longévité record est dû selon des gérontologues à des prédispositions génétiques qui développeraient une immunité de fer, particulièrement résistante à la mort cellulaire. Aboudou Mtsashiwa n'est peut-être pas le détenteur du trône de la longévité chez tous les Comoriens que Dieu a fait, et il n'est éventuellement pas trop tard pour sauvegarder les connaissances de toute nature chez par ces personnes âgées qui s'en vont sans crier gare. Ainsi pourront nous démentir Ahamadou Hampatéba qui disait : “En Afrique, un vieillard ui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle“.
Toyb Ahmed
source : Alwatwan du 9 mai 2011











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