
D'ores et déjà, il convient d'accompagner et de rendre hommage au travail colossal des initiateurs de la Journée de solidarité contre la départementalisation de Mayotte, du 26 mars, dans une démarche à la fois consensuelle et unanime. Un hommage gâché, hélas entre temps, par d'illustres personnalités de l'Etat comorien, signataires incrédules d'un document de l'Ambassade de France aux Comores, qualifié improprement « d'accord équilibré », et qui en réalité n'est rien d'autre, qu'un acte de reddition ou de capitulation, en un mot un reniement incongru de décisions des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire de l'Etat. Une victoire d'un ambassadeur français face à un Etat comorien souverain, saluée par un communiqué enthousiaste de l'Ambassade de France aux Comores, qui « se félicite de l'accord équilibré qui a été signé avec les autorités comoriennes », permettant de « mettre un terme à une période de crispation préjudiciable aux deux pays et à leurs populations ». Le communiqué souligne en outre, une « volonté partagée entre Moroni et Paris de privilégier un dialogue franc et constructif, à même d'empêcher le renouvellement de tensions inutiles et contre-productives ». En termes plus clairs, l'Ambassade de France se félicite d'avoir su faire entendre raison aux autorités comoriennes, en les confinant, sous peine de privation de « Visas Schengen et Balladur », dans leur rôle habituel de forces supplétives dans la politique du chiffre, engagée par l'administration française à Mayotte, dans le cadre des expulsions des Comoriens en terre comorienne de Mayotte.
Ont-elles seulement conscience, ces promoteurs comoriens de « l'accord équilibré », de violer là, l'Article 7-1 Titre II de leur Constitution, qui stipule : « [...] Est nul de plein droit, tout acte ou toute mesure de nature à porter atteinte à l'unité de la République ou à mettre en péril l'intégrité territoriale nationale, prise par une autorité d'une île autonome ou de l'union » ?
Ce spécieux « accord équilibré » n'est pas seulement incompréhensible, eu égard aux efforts de mobilisation déployés jusque-là, aussi bien nationalement qu'internationalement, par entre autres, la société civile, le Ministère des Relations Extérieures, les pouvoirs exécutif et législatif. Il est surtout dévastateur chez les Comoriens des autres îles vivant à Mayotte, dans la mesure où il permet à l'administration française, de mettre dans la foulée, les bouchées doubles dans sa politique sécuritaire d'expulsions, au mépris des droits élémentaires énoncés dans cet accord dit « équilibré ».
Les nouveaux responsables politiques que nous appelons de tous nos v½ux, ne peuvent se complaire dans un système d'assistanat et de mendicité, qui n'a de cesse de maintenir notre pays, dans un état d'incurie, d'aliénation politique et de délabrement avancé, si peu propices au bien-être et au développement. Il va falloir pour cela, tourner définitivement la page de la corruption, des abus de pouvoir et des violations des lois, car ce qui caractérise indéniablement aujourd'hui, le pouvoir politique, c'est le sentiment d'invulnérabilité, de puissance et d'impunité, qui semblent habiter ses hommes.
Des palinodies, des doubles langages, des gesticulations et des voltefaces... il y en a eu sous le gouvernement Sambi, toujours sous forme de diversions à la faveur de la puissance occupante de l'île comorienne de Mayotte (un référendum aux Comores, pour détourner les Comoriens de celui programmé à la même période à Mayotte pour la départementalisation ; un discours offensif et revendicatif du président Sambi à l'ONU, pour envoyer un écran de fumée sur la signature à Paris des accords de défense ; suspension des travaux du Groupe de Travail de Haut niveau par Sambi, pour feindre un désappointement après les mascarades référendaires à Mayotte ; pour finir par la piteuse capitulation de la honte, signée dans les locaux de l'Ambassade de France aux Comores, par M. Djaffar Mohamed Ahmed Mansoib, ministre de la justice, M. Nourdine Bourhane vice-président de Ndzuwani et M. Abou Oubeid Mze Cheikh).
Est-ce là encore, une vague réminiscence du récurrent art du double langage du gouvernement comorien ? Il faut croire que oui. Puisque tout en permettant par des actes concrets, aux autorités françaises de consolider l'occupation par la France de l'île comorienne de Mayotte, le président Sambi n'a de cesse de se murer dans sa rhétorique habituelle, sans aucun suivi, sur l'appartenance de Mayotte à son ensemble naturel sans aucune prise sur la détermination et la volonté de la France de poursuivre impunément sa politique d'occupation. Jamais un mot, jamais une mise au point venant du Président Sambi sur les dérapages, ni sur les engagements, ni sur les actes illicites de ses représentants, en faveur de la politique française aux Comores... A l'instar du futur vice-président élu de l'île de Mwali, M. Fouad Mohadji, signataire de ce fameux sésame pour les expulsions comoriennes de Mayotte, qui se répand sur HZK-Presse en ces termes : « Nous sommes dans une période transitoire, nous avons d'autres chats à fouetter. Pourquoi créer une crise à la veille de la passation ! Je parle maintenant en tant que vice-président ». Nous avons d'autres chats à fouetter, dit-il ! Les déplacements forcés des populations, qualifiés de crimes contre l'humanité, la dizaine de milliers de morts par la faute du « Visa Balladur », le calvaire vécu à Mayotte par Les Comoriens des autres îles, les man½uvres de déstabilisation des Comores induites par la politique de chantage, du fait accompli, et de la loi du plus fort, ne doivent pas venir perturber la quiétude de M. Fouad Mohadji, plus préoccupé par sa future investiture...
Monsieur le tout nouveau vice-président, ainsi que ses alter ego, signataires de l'acte de capitulation à l'Ambassade de France aux Comores, sans oublier les autres pourfendeurs de notre souveraineté et de notre intégrité, comme M. Mzimba et consorts, vous avez foulé aux pieds les résolutions internationales, une décision légitime du Conseil des ministres et un vote souverain des élus du peuple, en permettant au représentant d'un pays étranger, de malmener des citoyens comoriens en terre comorienne de Mayotte. D'ores et déjà et en attendant les recours judiciaires de rigueur, pour accusation de « haute trahison », vous vous êtes aménagés une place de choix dans les poubelles de l'Histoire comorienne, si on se réfère à l'Article 37 du Titre IV de la Révision de la Constitution qui stipule : « [...]Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu'il est porté atteinte à l'unité du territoire et à l'intangibilité des frontières internationalement reconnues de l'Union ainsi qu'à l'autonomie des îles ».
Il est inadmissible de pérorer à l'Assemblée de Hamramba, comme l'a fait, un autre signataire de ce tristement célèbre, « accord équilibré », M. Djaffar Ahmed Mansoib, en justifiant cet acte de capitulation, par le souci d'une sortie de crise diplomatique, étayée par une prétendue garantie de la sécurité des Comores et une hypothétique facilitation du visa pour Mayotte, pour les ressortissants comoriens, sans allusion aucune sur le « Visa Balladur mortifère, ni la moindre compassion pour les milliers de Comoriens morts par « noyades », sans sépulture, depuis son instauration. Un « Visa Balladur » qui n'a pour seule finalité, que de faire entrave à la libre circulation des Comoriens chez eux, dans le sens Anjouan – Mayotte, qualifié par l'Article 7 du Statut de Rome de la CPI (Cour Pénale Internationale), de « crime contre l'humanité », pour « déportation ou transfert forcé de population ». Le tout renforcé par l'Article 7 Titre II de la Constitution qui dit : « Les Comoriens ont les mêmes droits, les mêmes libertés et les mêmes obligations dans n'importe quelle partie de l'Union. Aucune autorité ne pourra adopter des mesures qui directement ou indirectement, entraveraient la liberté de circulation et d'établissement des personnes, ainsi que la libre circulation des biens sur tout le territoire de l'Union ». Contrairement à ce que avance M. Fouad Mohadji, qui a « d'autres chats à fouetter », l'occupation illégale de l'île comorienne de Mayotte par la France, avec soit dit en passant, la complicité agissante des gouvernements comoriens successifs, constitue (par barbouses et mercenaires interposés), la clef de voûte de toutes les déstabilisations récurrentes et chroniques qu'ont connu les Comores avec leurs cortèges de malheurs (assassinats notamment de chefs d'Etat comoriens ; pays occupant érigé en faiseur de rois aux Comores, choisis parmi les suppôts les plus fidèles ; ingérences caractérisées, au premier rang desquelles, l'entrave à la libre circulation des femmes, des hommes et mêmes des enfants, qui n'ont de cesse de payer de leurs vies, la traversée périlleuse les 70 km de bras de mer qui relient Anjouan à Mayotte...).
Les associations de la société civile signataires du présent mémorandum, interpellent solennellement tous les responsables comoriens, et en premier lieu ceux qui sont dépositaires de la bonne marche des institutions (Parlement, Cours constitutionnelle, Pouvoir exécutif, Pouvoir législatif, Armée etc.). Et ce, pour qu'il soit mis fin une fois pour toutes, aux nombreuses violations par les Comoriens eux-mêmes, à la fois agents supplétifs des forces d'occupation de l'île comorienne de Mayotte et pourfendeurs patentés des résolutions de l'ONU
a) à opposer enfin, une fin de non-recevoir, à la politique française aux Comores, du fait accompli, de chantage et de la loi du plus fort. Et surtout à cette manie qu'ont certains responsables comoriens, à toujours ménager quelque en soit le prix à payer, la susceptibilité de l'ancienne puissance administrante, voire même à solliciter l'onction de ses officines.
b) en mettant fin aux actes d'ingérences induits par des marchés de dupes et des actes d'humiliations et de provocations que sont les accords de coopération actuels entre la France et les Comores, qui n'ont de coopération que le nom,
c) en veillant dorénavant à ce que tout accord touchant à notre constitution, fasse l'objet d'une discussion préalable avec la représentation nationale, sous couvert de la Cour constitutionnelle..
d) en extirpant le contentieux franco-comorien, sur l'occupation illégale de l'île comorienne de Mayotte, du huis clos de marché de dupes, pour un arbitrage régional et international
e) en se conformant aux règles et lois régies par les instances internationales et la Constitution comorienne qui consacrent le triptyque "souveraineté, dignité et intégrité", en aucun cas cessible, ni négociable. Cela passe par le rétablissement de "l'interdiction signifiée aux autorités françaises d'expulser des Comoriens, de la terre comorienne de Mayotte vers les autres îles s½urs" Et la levée du criminogène "Visa Balladur" est un préalable.
f) en faisant en sorte que l'île comorienne de Mayotte jouisse, autant que faire se peut, de toutes ses prérogatives au sein de l'Union des Comores, notamment du siège du vice-président. Et ce, en attendant une réintégration réfléchie et négociée de l'île comorienne de Mayotte dans son ensemble naturel, au mieux des intérêts de tous, sous arbitrage international.
Publié le 24 avril 2011
source : najmiattoum073.skyrock.com/











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